Quelques réactions d'expérience ...

Publié le par anne mesliand

Il est pour moi  - élue au CA de l’université de la Méditerranée depuis 2008 sur la liste « Pour une université de Service public », autant dire pas la liste « présidentielle » - extrêmement instructif de m’apercevoir que le président Berland en personne a consacré du temps, de la réflexion, à critiquer (ou le tenter)  notre programme ... Pour des candidats  et candidates  que l'on disait insignifiants, quelle attention !!!

Je m’autorise donc quelques réponses à ses considérations  ...

 

 

On navigue entre des propositions qui ne sont pas nouvelles parce déjà en place ...

En effet, toutes nos propositions ne sont pas nouvelles ! Nombre d’entre elles s’appuient sur les pratiques collégiales en œuvre dans les universités, sur ce qui se fait de plus avancé en ce domaine, sur ce qui a été gagné par les revendications des personnels.  Nous ne prétendons à aucune exclusivité notamment démocratique, nous reconnaissons dans les pratiques de nos établissements la traduction des exigences de nos collègues. La « nouveauté » n’est pas pour nous une valeur en-soi, et le consensus ne nous fait pas peur, pour peu qu’il procède  des principes que nous affirmons mais dont nous réjouissons qu’ils puissent être partagés ! Nous ne situons pas dans un affrontement mortifère (= voulant la mort de l’autre). Des différences notables existent entre nos listes, et nous ne transigerons pas sur les principes de service public et de démocratie.  Cela signifie-t-il  pour autant que nous ne puissions jamais nous retrouver sur des propositions convergentes, que ces convergences procèdent d’une communauté de vision ou de la traduction d’un rapport des forces bien compris ? Pour nous, certes non !

 

Les formations proposées à l’ensemble des élus sont une pratique courante de nos universités. (...) l’Université de la Méditerranée [organise]  une session annuelle de formation de tous les élus étudiants et une formation des élus au Conseil d’administration.

Très bien !  Je m’étonne cependant d’avoir dû attendre l’occasion de ces élections pour découvrir qu’il existait dans l’université dont je suis une des administratrices élues une formation  me concernant ...  Ou bien l’administration marche mal et le courrier ne m’est pas parvenu, ou bien ces formations ne sont destinées qu’à des élus choisis, ou bien ... ?

 

Le refus de la modulation de services instaurée par le décret de 2009 est surprenant de la part d’élus et sera très mal perçue par la majorité de nos collègues qui la souhaitaient depuis des années.

Où étions-nous, les uns et les autres, en 2009 ?  Qui peut oublier la force, la durée, l’ampleur du mouvement revendicatif universitaire contre le décret sur le statut des enseignants-chercheurs, et contre la modulation des services, c'est-à-dire contre la mise en concurrence des enseignants-chercheurs induite par la loi LRU et la logique politique, managériale et néo-libérale qui sous tend ce décret ?  Je me souviens :  nous étions sur les pelouses du Pharo, et nos collègues mobilisés demandaient à être entendus par le CA qui se réunissait ce jour-là ...  De source sûre, je sais que la tentative  d’interdire l’accès à ce lieu (les jardins du Pharo) somme toute public, demandée par la direction de l’université, n’avait pas reçu ce jour là  de suite favorable (préfecture républicaine  ?! ), mais d’expérience je sais aussi qu’il n’a pas été possible que le CA entende directement les représentants des personnels en lutte. Ceci expliquerait-il cela ? A savoir la surdité continuée du président Berland quant aux revendications de nos collègues – et y compris bien-sûr ceux de l’université  qu’il dirige ... ?

Mais nous sommes fixés: la modulation des services, SPRINT est pour, et le président Berland la mettrait en oeuvre !

 

Les fondations financent des contrats doctoraux et post doctoraux sous forme de CDD mais de droit public

Des CDD de droit public ...  pas mal ! Déjà, des CDI de droit public, ça nous ennuie un peu (nous = les tenants du service public). On n’est  pas sûr que la notion de CDD soit même compatible avec celle de droit, tout simplement, droit au travail (n’allez pas me dire que ce sont là catégories trop subtiles pour des universitaires  ...) Alors, serons-nous rassurés ???  En lieu et place  de droit au travail, de statut, la parole (hypothétiquement) présidentielle ferait loi ?

 

Vivement une présidence  démocratique !

 

 

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